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Cheminement artistique


Depuis mon enfance, l'esthétique industrielle ne cesse de me parler. J'y ai vu, j'y vois toujours des correspondances morphologiques sourdes avec des formes vivantes existantes et je me mets en charge de les révéler ... Recréateur, procréateur, révélateur et médiateur, je m'inscris dans le processus de régénération de la matière et partant "totémise" les déchets de la production industrielle en les intégrant, sous une forme symbolique, dans une réalité humaine.


Cette parole est portée par les CREATURES DE L'ASPHALTE, sorte de " caravane " zoologique composée de doubles dont les originaux s'ignorent, des motos, des voitures, des scooters, des mécaniques qui roulent encore ... mais à pattes, car ce criquet, cet escargot, cette abeille etc ... ne sauraient ressembler à autre chose.


Ce souci de reproduire fidèlement la nature induit à proprement parler l'art figuratif, j'y emprunte largement ce que je mesure comme la contrainte nécessaire à l'expression artistique vraie. Mais qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche nullement une reconnaissance académique mais bien plutôt ma propre mémoire, celle de mon histoire et de son contenu affectif et émotionnel. Vérité, émotion, présence, sont les trois "balises" que je me suis données et autour desquelles j'entends faire "graviter" mon travail sculptural.

La figuration suppose une remémoration active, elle est la révélation même de la mémoire, laquelle est pour toutes les structures la norme de la reproduction.
Les structures qui fondent l'équilibre général de l'architecture sociale sont constamment soumises à de rudes chocs et il est souvent à craindre qu'elles ne s'effondrent à force d'être ébranlées.
Le contenu émotionnel présent dans le tissus passager de mon vécu s'articule comme une prémonition, une idée muette, un simple sous - entendu qui se révèle par une frénésie construction formelle.


LES CREATURES DE L'ASPHALTE préfigurent l'angoisse post - apocalyptique, fossilisées, comme habillées d'une peau de goudron brillant, elles participent de l'inquiétante étrangeté émanant du climat onirique, révélé par la peur de l'inconnu.
Peut - être aurais - je tracé une autre route, une autre voie quelque part dans le réel et ce serait le théâtre d'une procession au sein de laquelle s'intègrerait chacune de mes créations, peut être deviendrais - je pour la circonstance, le patriarche en devoir de préserver l'espèce conduite vers une arche post - nucléaire ?!
Apparemment simple ce concept artistique est à l'instar des poupées gigognes, profus en emboîtements qui sont autant d'ambiguïtés sémantiques, celles - ci ont le mérite de laisser l'observateur apprécier l'oeuvre sans dirigisme à la lumière de sa propre sensibilité.
Aussi peut - on observer différents niveaux d'approches. On peut aussi s'étonner des compositions architecturales, mais ce qui interpelle est la place réservée aux objets intermédiaires devenus con - substanciels à leur destination, définitivement affranchis de leur référent, faisant désormais partie d'un tout organique à l'image d'un être vivant et pas n'importe quel être vivant.


LES CREATURES DE L'ASPHALTE portent en avant - première le deuil d'une civilisation qui se disloque et qui doit se recycler totalement pour faire face à ses propres déjections. Victimes de leurs propres médecines, les sociétés sont contraintes de s'harmoniser sous peine de finir dans l'errance sur une route sans fin vêtues d'un seul manteau noir couleur asphalte.


" Noir, deuil sans espoir,
Comme un rien sans possibilités,
Comme un rien mort après la mort du soleil,
Comme un silence éternel sans avenir sans l'espérance même d'un avenir,
Résonne intérieurement le noir "

KANDINSKY


Noir : limite des couleurs chaudes ou froides, brillantes ou mates, il exprime l'absence ou la somme, la négation ou la synthèse.


LES CREATURES DE L'ASPHALTE sont brillantes, leur sérénité inspire t- elle le respect ?
Suscitent elles l'affection surtout lorsque leurs yeux s'allument sur un visage d'espoir ?
On se souvient alors que la souffrance laisse des traces.
Message d'amour ou panique à bord, l'option est libre …

LES CREATURES DE L'ASPHALTE ne sont en tout cas pas des productions conceptuelles. Elles apparaissent en écriture automatique au hasard des " feelings ", tel un squelette qui dévie de son devenir aléatoire lorsqu'il m'inspire une effigie connue à laquelle je donne forme.
A l'instar de CALDER et de ses images zoomorphes, je suis un métallo - animalier.
Mes techniques fusionnent celles des DUCHAMPS - DUCHAMPS VILLON, des CESAR et des ARMAN.
Créatures " animales - machiniques ", rigides mécaniques, certaines parties semblent empruntées à des locomotives, d'autres sont courbes et souples font penser au bond élastique d'un cheval. Il en résulte des organismes complètement autonomes, dans lesquels frémit un puissant dynamisme ...
Surréaliste ? Symbolisme médiumnique ? Romantique ? C'est comme on voudra.

Je ne cherche pas à faire dans le suggestif mais au contraire je recherche la conformité car c'est dans la façon d'y accéder que demeure le style de l'artiste qui capte parfaitement la place que chaque composante doit occuper pour être à la fois dépersonnalisée et renommée.

LES CREATURES DE L'ASPHALTE nourries de tradition, d'équilibre et de mesure, un rien baroque, se délivrent de leur hantise en voulant tendre au public une main amie.

Qui sommes-nous ?

La rencontre insolite de Norton Sax, Xavier et Pierre. Ayant pour sens la mise en avant des productions de l'artiste.